Corriger publiquement plutôt que discrètement
Modifier un article sans le signaler est la norme sur le web. C'est aussi ce qui empêche un lecteur de savoir ce qu'il lit.
C'est une pratique que j'ai adoptée après m'être trompé sur un article assez lu, et l'avoir corrigé sans rien dire. Personne ne s'en est aperçu, ce qui était précisément le problème.
Pourquoi la correction discrète pose problème
Un lecteur qui a lu la version fausse ne saura jamais qu'elle l'était. Il gardera l'information erronée, éventuellement la relaiera, et le texte corrigé ne le rattrapera pas.
Et pour celui qui arrive après, rien ne distingue un article qui n'a jamais bougé d'un article rectifié trois fois — alors que ce sont deux objets très différents en termes de fiabilité.
Un article qui affiche ses corrections est plus fiable qu'un article qui n'en affiche aucune. Le second n'est pas exempt d'erreurs : il ne les signale pas.
Ce que je fais
- Une mention datée en fin d'article pour toute correction de fond : ce qui était écrit, ce qui est écrit maintenant, pourquoi.
- Rien pour les corrections de forme — orthographe, formulation — qui ne changent pas le sens.
- Une mise à jour signalée en tête quand un article traite d'un sujet qui a évolué depuis, avec la date.
Ce que ça change
Ça rend l'erreur visible, ce qui est inconfortable. Et ça produit un effet inattendu : les lecteurs signalent davantage, parce qu'ils voient que les signalements aboutissent. La qualité des textes en bénéficie plus que l'image n'en souffre.
La limite
Ça ne rattrape pas la diffusion initiale, et c'est important de le dire. Une information fausse relayée pendant deux semaines continuera de circuler après correction — la rectification ne voyage jamais aussi loin que l'erreur.
C'est la raison pour laquelle je préfère ne pas publier tant que je n'ai pas la source, plutôt que publier vite et corriger. La correction est un filet de sécurité, pas une méthode.